Le parlement letton ratifie un traité frontalier avec la Russie
RIGA - Le parlement letton a ratifié jeudi un traité frontalier signé en mars par la Russie et la Lettonie, alors qu'une centaine de personnes manifestaient contre ce texte devant le parlement.
Pomme de discorde entre les deux pays depuis le retour de la Lettonie à l'indépendance de Moscou en 1991, le traité a été approuvé par 70 députés, alors que 25 ont voté contre sa ratification.
Il délimite la frontière russo-lettone, devenue une frontière extérieure de l'Union européenne avec l'adhésion de la Lettonie à l'UE en 2004.
La Lettonie avait levé début mars un obstacle à la conclusion du traité, en retirant de son texte une déclaration unilatérale selon laquelle sa signature n'équivalait pas à l'élimination des conséquences de l'occupation de ce pays balte par l'Union soviétique en 1940.
Moscou avait considéré cette déclaration comme une revendication territoriale concernant la région d'Abrene (Pytalovo, sur le territoire russe), et refusait de signer le traité.
Partie du territoire letton avant la Seconde guerre mondiale, la région de Pytalovo a été incorporée dans l'Union soviétique avec toute la Lettonie. L'Etat balte est redevenu indépendant avec la chute de l'URSS en 1991, mais Moscou a continué de considérer la région de Pytalovo comme un territoire russe.
La Lettonie partage avec la Russie 276 kilomètres de frontières.
Le document doit encore être ratifié par la Russie pour entrer en vigueur.
"La situation peut se dérouler selon deux scénarios", a estimé à l'AFP Ivars Indans, analyste à l'Institut letton de la politique extérieure.
"Un scénario serait celui selon lequel les Russes feront un pas logique et ratifieront le traité d'ici fin juin, comme l'a laissé entendre l'ambassadeur russe. Mais, compte tenu des problèmes avec l'Estonie et un sentiment anti-balte généralisé dans la Douma, je ne peux pas exclure que le traité sera retenu longtemps au parlement russe", a-t-il déclaré.
Une crise grave a éclaté entre l'Estonie, également une ancienne république soviétique, et la Russie après le déplacement du centre de Tallinn d'un monument à la mémoire de l'Armée rouge.
Ce transfert a provoqué des émeutes dans la capitale estonienne et de vives protestations de Moscou.
Moscou et Tallinn ont signé un traité frontalier l'an dernier, mais la Russie a retiré sa signature après que le parlement estonien eut inscrit dans la loi sur la ratification du traité des termes évoquant "l'agression (de l'Estonie) par l'Union soviétique" et "l'incorporation illégale par l'URSS", termes rejetés par Moscou car considérés comme "faux".
(©AFP / 17 mai 2007 20h02)